Les Petits Pas d'Emilie

Un nouveau projet

4 février 2016 par petitspasemilie | Catégorie: | Pas de commentaires

Association « les petits pas d’Émilie »

Projet d’ouverture d’une école/classe d’éducation conductive

L’association « les petits pas d’Émilie » a été crée afin de permettre à une petite fille -atteinte de deux maladies orphelines: un syndrome de West et une lissencéphalie- de bénéficier de méthodes éducatives alternatives, non prises en charge par la sécurité sociale.

Émilie a fait des progrès notables depuis que nous avons commencé ces méthodes alternatives et c’est très motivant !

Devant les résultats plus qu’encourageants de ces méthodes, l’association a décidé d’élargir les bénéficiaires de ces méthodes et de créer une structure permettant l’accueil de plusieurs enfants atteints du même type de symptomatologie qu’Émilie.

Nous souhaitons créer une classe d’éducation conductive pour jeunes enfants handicapés permettant d’accueillir Émilie et d’autres enfants ; ce centre a vocation à proposer une alternative à la saturation des structures d’accueil adaptées pour les enfants polyhandicapés.

 

Notre projet d’éducation conductive s’adresse à de jeunes enfants commençant entre 18 mois et 5 ans. Le but est de les amener à un maximum d’autonomie afin qu’ils apprennent les gestes du quotidien, tels que se tenir assis, acquérir la propreté, acquérir la station debout et la marche même aidée d’un déambulateur pour pouvoir envisager ensuite d’intégrer un cursus scolaire.

L’éducation conductive requiert l’implication des familles pendant et après les sessions. Les parents sont formés aux principes de l’EC. La conductrice informe les parents des objectifs et des difficultés de l’enfant ainsi que des tâches à réaliser pour contourner ces difficultés. En cela, la démarche du projet est participative.

Cette méthode d’apprentissage de l’autonomie est reconnue dans de nombreux pays à travers le monde. Son efficacité est réelle puisque de nombreux enfants et adultes devenus autonomes peuvent en témoigner. En Norvège, l’EC est même inscrite dans la loi comme un droit pour les enfants handicapés moteurs. Dans la plupart de ces pays, les séances d’éducation conductive sont remboursées par la sécurité sociale ou seule une faible part reste à la charge des parents. A Budapest, l’Insitut International Petö a reçu jusqu’à 800 demandes par an. Cette concentration en un même endroit d’enfants atteints dans leur motricité est unique au monde et assez impressionnante.

En France, seules quatre associations proposent cette prise en charge à l’année et cela ne concerne pour chaque lieu que 6 enfants par an ou par session de 6 semaines. Deux autres associations la propose par intermittence. Toutes se situent au nord de la Loire. Il n’existe rien de ce type à moins de 550km de Toulouse ou de Marseille.

 

LA PÉDAGOGIE CONDUCTIVE DE PETÖ

 

Le système Petö – car il n’y a pas de meilleure appelation qu’en référence aux théories systémiques – s’adresse et aux enfants atteints de troubles ou déficiences motrices d’origine cérébrale.

Son originalité et son intérêt résident dans le fait que la motricité est considérée dans ses interférences avec l’éducation quotidienne de l’enfant.

Il ne s’agit dont pas de faire une séance de kinésithérapie isolée mais de penser l’éducation au quotidien (jeux, alimentation, mouvements, apprentissages scolaires, etc …). Les parents sont invités à participer à cette éducation. Le travail se diversifie et s’adapte en fonction de l’âge et du développement moteur, affectif et cognitif des enfants.Les parents sont des acteurs à part entière de la thérapie. Ils sont inclus dans le processus d’aide de leur enfant.

C’est une philosophie de vie puisque que l’enfant peut être pris en charge de manière conductive toute la journée. On parle d’école oud e classe d’éducation conductive

Chaque action peut-être pensée « éducation conductive » : rendre l’enfant acteur, ne pas l’enfermer dans son handicap, lui montrer et le guider vers les solutions.

 

Quels sont les objectifs de l’EC ?

  • Permettre à l’enfant IMC de s’intégrer dans un cursus scolaire ordinaire.
  • Apprendre à devenir autonome avec et malgré les réactions familiales, sociales ou institutionnelles de surprotection, voire d’entrave au fait que son autonomie est possible.
  • Apprendre à être acteur et responsable de sa propre vie, avec et malgré son handicap.Quels en sont les principes ?
  • la motricité n’est pas isolée du langage et des autres aspects du développement (social, cognitif et scolaire) ;
  • les divers aspects thérapeutiques sont intégrés dans l’éducation quotidienne à l’indépendance et ce pendant toute la journée
  • la motivation et la responsabilité de l’enfant sont indispensables ;
  • le rôle des parents est primordial.

Par quels moyens ?

  • Cela commence par une vision positive de l’enfant et la certitude qu’il est « capable de faire » des choses. Cette attitude sincère d‘attente positive et dynamique, de respect et de confiance est le pré-requis à tout progrès.
  • On appréhende l’enfant dans sa globalité, ses actes ne sont pas « saucissonnés » entre kiné, psychomotricité, ergothérapie, orthophonie etc. Il est pris en charge par une seule et même personne appelée conducteur ou conductrice, titulaire d’un diplôme bac + 4 dans les disciplines suivantes : kinésithérapie, psychologie, éducation, orthophonie.
  • Les exercices se déroulent toujours en groupe d’enfants d’une même classe d’âge ou ayant des « compétences » identiques. Les bénéfices d’un travail de groupe sont nombreux : motivation, socialisation, respect de l’autre et des règles, etc. Il favorise l’interaction et donc la communication.
  • On effectue des exercices sensoriels et moteurs (souvent ludiques) reprenant les gestes de la vie quotidienne, pour que ceux-ci aient immédiatement un sens.
  • On utilise un langage précis qui permet à l’enfant de planifier son geste et de le mémoriser. Ce langage spécifique va donner à l’enfant, aux parents, et plus tard aux enseignants de véritables points de repères.
  • Les comptines également utilisées contribuent à créer une atmosphère de travail agréable et contribuent à la mémorisation du geste : avec tel chant on se met assis, avec tel autre debout etc…Le rythme accompagne le langage, organise et structure l’exécution du geste

Il s’agit donc :

D’aider l’enfant à contrôler son handicap, à élaborer des stratégies pour le gérer, le dépasser et vivre avec. L’éducation conductive table sur l’intelligence de l’enfant à se comprendre et à élaborer des stratégies adéquates pour dominer son handicap.

 

À quoi ressemble une journée au centre d’éducation conductive ?

L’accueil se fait en chantant, pour créer une atmosphère de détente et permettre à chaque enfant de trouver sa place au sein du groupe. La conductrice suscite la curiosité et donne à l’enfant l’envie d’apprendre. Dès leur arrivée, les enfants participent de manière active au déshabillage, chacun à son rythme en insérant les stratégies apprises. Ils rejoignent ensuite leur place en marche corrective.

Après une courte séquence d’assis/debout, les enfants grimpent sur les tables pour entamer une suite de tâches motrices en coucher ventral, en coucher latéral puis en coucher dorsal, le tout en chansons. (Programme allongé)

Après être descendu, debout face à la table, pour deux ou trois tâches plus complexes, les enfants se rhabillent pour terminer par une comptine face à face debout autour d’une table.

Ensuite, debout, les enfants réalisent des tâches plus complexes qui préparent à tous les déplacements qu’ils devront effectuer. (Programme debout) Par exemple : transférer le poids du corps, écarter et rapprocher la jambe, mais aussi faire un travail de dissociation des membres supérieurs qui préfigurent tout ce que l’enfant utilisera comme stratégie pour enlever ou mettre un pantalon par exemple.

Enfin, ils se déplacent en marche corrective jusqu’aux toilettes (où ils apprennent à faire pipi et à se laver les mains) puis vers l’espace de récréation. Un repas commun est pris où l’on apprend à se tenir assis et à manger et à boire tout seul.

L’après-midi est réservé à des activités plus « intellectuelles » introduisant le dessin, le calcul, la lecture, le graphisme etc. pour les enfants plus grands.

 

 

 

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